Si la réponse courte est évidemment non, la réalité est plus nuancée : l’IA n’est pas le seul sujet, mais elle est devenue le prisme indispensable par lequel toute stratégie de communication doit désormais passer. Plongeons ensemble plus précisément dans les tendances RP qui façonneront 2026.
Souvenez-vous de 2023, lorsque le monde oscillait entre euphorie et panique collective face à l’émergence de l’IA générative. Aujourd’hui, la poussière est retombée. L’IA n’est plus cette nouveauté brillante qui fascine ou effraie : elle est devenue, un peu comme l’électricité, une commodité invisible mais essentielle qui fait tourner nos moteurs. Nous sommes entrés dans l’ère de l’opérationnel.
Pour les acteurs de la Tech internationale que OneChocolate accompagne dans leur développement sur le marché français, le défi a cependant changé de nature. La barrière n’est plus seulement technologique, elle est devenue culturelle et structurelle. Comment émerger durablement dans un écosystème où près de 60 % des recherches en ligne se terminent désormais sans aucun clic, l’utilisateur se contentant d’une réponse synthétisée par une IA ?
Soyons clairs : en 2025, inonder le web de contenus ne suffit plus. Nous entrons désormais dans l’ère de la construction stratégique de la confiance et d’une visibilité parfaitement calibrée pour les algorithmes.
Voici quatre observations clés, tirées du terrain, pour parvenir se frayer un chemin dans ce nouveau paysage médiatique français en 2026.
1. Du SEO au GEO : une visibilité qui se mérite
Le SEO traditionnel, tel que nous l’avons longtemps pratiqué, semble atteindre ses limites. Vos prospects ne se contentent plus de taper des mots-clés ou de consulter les rapports Gartner ; ils dialoguent avec ChatGPT, Perplexity ou Gemini pour obtenir des réponses complexes. Dans ce contexte, si votre marque n’est pas identifiée et citée par l’IA, elle risque de devenir invisible pour une part grandissante de votre audience.
C’est précisément là que les relations presse retrouvent une place centrale. Pourquoi ? Parce que l’immense majorité des réponses fournies par les IA se fonde sur des sources dites de « Earned Media » (articles de presse, interviews, tribunes). En d’autres termes, les RP deviennent le carburant indispensable de ce qu’on appelle désormais le GEO (Generative Engine Optimization).
Il y a toutefois une subtilité importante pour le marché français : les modèles d’IA, souvent américains, ont un biais naturel vers les sources anglophones. Pour exister en France, une présence dans le New York Times ne suffit pas. Il devient crucial d’occuper le terrain dans les médias locaux de haute autorité (Les Echos, Le Monde Informatique, LeMagIT, L’Usine Digitale…). Ce sont ces sources que les algorithmes considèrent comme la « vérité » pour informer le marché hexagonal.
2. L’humain, ce repère indispensable face à l’algorithme
Paradoxalement, plus le contenu devient synthétique et automatisé, plus la valeur de l’authenticité grimpe en flèche. Face à la saturation, l’humain redevient le seul véritable facteur de différenciation.
Nous observons ainsi un glissement de l’influence de masse vers une influence de précision. L’objectif n’est plus nécessairement de toucher « tout le monde », mais d’engager des micro-communautés qualifiées. Par exemple, pour une entreprise de cybersécurité, la valeur réside davantage dans l’engagement profond d’un cercle de 50 DSI via des canaux privés plutôt que dans une campagne d’affichage généraliste.
C’est ici que l’incarnation joue un rôle critique. Pour une entreprise internationale s’implantant en France, la technologie ne suffit pas à convaincre : il faut un visage. Si le Country Manager reste dans l’ombre, l’entreprise se prive d’un levier majeur. En France, on adhère souvent à la vision d’un dirigeant avant d’acheter une solution. L’Employee Advocacy n’est donc pas un simple effet de mode : vos experts locaux sont vos meilleurs ambassadeurs pour donner une âme à une marque technologique.
3. De la notoriété à la « Trust Data »
Aujourd’hui, l’époque des « Vanity Metrics » semble révolue. Présenter de simples volumes de retombées presse ou des équivalences publicitaires ne suffit plus à convaincre des directions générales qui pilotent désormais à vue sur le ROI.
Nous évoluons actuellement vers une approche des RP davantage orientée vers les résultats tangibles (outcome-based PR) : comment la réputation influence-t-elle le pipeline commercial, la réduction du cycle de vente ou la fidélisation des talents ?
Par ailleurs, la cohérence de vos données est devenue un enjeu de réputation. Pour qu’une IA recommande votre marque, vos informations doivent être alignées sur toutes les plateformes. Si la biographie de votre CEO diffère entre votre site web, LinkedIn et Wikipédia, l’IA risque d’halluciner ou de vous ignorer. Réaliser des « audits de confiance » réguliers pour vérifier ce que les algorithmes racontent sur vous est devenu une nouvelle forme d’hygiène numérique.
4. Anticiper la crise à l’heure de l’émotion virale
Enfin, il ne faut pas sous-estimer le contexte sociétal. Les algorithmes des réseaux sociaux ont tendance à favoriser les contenus qui suscitent de fortes réactions émotionnelles, parfois au détriment de la nuance. Une information erronée peut susciter des réactions enflammées bien plus vite que la vérité.
Dans ce contexte, l’approche doit être prédictive plutôt que réactive. L’IA nous est ici d’une grande aide, non pas pour générer du contenu, mais pour écouter les signaux faibles et anticiper un changement de narratif avant qu’il ne devienne critique.
Le public français est exigeant, particulièrement sur les questions de souveraineté numérique et d’éthique. Une entreprise IT internationale gagne à anticiper ces interrogations avec une transparence totale, preuves à l’appui, plutôt que de tenter de les contourner.
En conclusion
L’IA écrit vite, certes, mais elle manque encore cruellement d’empathie. Dans un marché latin comme la France, l’émotion, la nuance culturelle et la confiance interpersonnelle restent les clés de voûte de la relation avec les journalistes et les publics.
En 2026, les relations presse ne servent plus uniquement à « faire savoir ». Elles servent à construire cette infrastructure de confiance indispensable, qui permet à l’IA de vous identifier comme pertinent, et aux humains de vous choisir comme partenaire. La technologie évolue, mais notre métier reste fondamentalement le même : créer du lien.
Votre stratégie RP est-elle prête à entrer dans l’ère du GEO ? Discutons-en ! 😊
Édouard Fleuriau-Chateau
