Le média training prépare les dirigeants et les experts à répondre aux journalistes avec clarté, cohérence et maîtrise. Bien plus qu’un simple outil de communication, notamment de crise, il permet de réduire les risques réputationnels, de renforcer l’aisance des porte-paroles et d’améliorer durablement la qualité des relations avec les médias.

 

Pour les experts des relations presse, une prise de parole publique est comparable à l’exposition d’une nouvelle interface au grand public aux yeux des spécialistes de la cybersécurité. Chaque interview, chaque citation extraite d’une conversation ainsi que chaque réaction à chaud élargit en quelque sorte la surface d’exposition réputationnelle de l’entreprise. Il suffit de quelques mots imprécis, contradictoires ou sortis de leur contexte pour que l’image d’une organisation bascule durablement.

Ainsi, une formulation maladroite peut constituer une vulnérabilité, qui sera ensuite amplifiée par les reprises médiatiques ou sur les réseaux sociaux. Face à ce risque, le principal garde-fou réside dans la formation des porte-paroles aux règles et aux techniques de la prise de parole publique.

Or, comme en cybersécurité, l’objectif n’est pas de réduire sa surface d’exposition de manière drastique en renonçant à des opportunités de prise de parole, mais de bien la maîtriser. En relations presse, cette préparation porte un nom très concret : le média training.

Pourquoi le média training est-il indispensable ?

Savoir comment s’adresser à la presse est une compétence qui s’apprend, car elle nécessite de connaître et d’appliquer des codes et des règles spécifiques.

Un bon média training peut durablement changer la donne pour un porte-parole. Il produit des bénéfices très concrets, immédiatement visibles :

  • Un discours plus clair et plus cohérent, sur le fond et sur la forme : il s’agit de savoir ce qu’on veut dire, dans quel ordre, avec quelles preuves, et surtout avec quelle constance.
  • Une réduction nette des risques : l’objectif est de réduire au maximum les risques d’approximations, de contradictions, de zones grises, et d’assurer une meilleure maîtrise des sujets sensibles (confidentiel, juridique, RH, clients, etc.).
  • Une plus grande aisance des porte-paroles : celle-ci se traduit par une plus grande disponibilité de leur part pour les opportunités presse. En effet, lorsqu’on sait comment répondre, on accepte plus facilement les interviews.
  • Une relation plus fluide avec les médias : la crédibilité d’une entreprise se construit aussi grâce à la qualité des échanges et un journaliste sera plus enclin à solliciter une source qui répond clairement, sans s’éparpiller et sans réécrire l’histoire après-coup.

Chez OneChocolate, nous offrons des prestations de média training, en complément de la stratégie de communication que nous proposons à nos clients. La bonne nouvelle, c’est qu’une fois effectuée, cette formation continue de porter ses fruits durant plusieurs années. Il convient toutefois de renouveler l’expérience à chaque changement d’entreprise, de poste ou de périmètre, ou encore à l’approche d’un événement crucial (lancement, levée de fonds, restructuration, actualité sensible, etc.).

Comment organiser les prises de parole d’une entreprise ?

Les éléments fondamentaux d’une bonne prise de parole, qui s’appliquent à la plupart des organisations, sont les suivants :

  • Un porte-parole « corporate » ou « business » : il s’agit souvent du dirigeant de l’entreprise. Il couvre les sujets liés à la vision, la stratégie et les résultats de l’entreprise, les annonces corporate, le positionnement…
  • Des porte-paroles « experts » ou « techniques », spécialisés selon leur sujet d’expertise : produit, tech, RH, RSE, cybersécurité, industrie, etc.
  • Si possible, un porte-parole transverse, capable de couvrir tous les sujets avec une approche généraliste : en cas d’urgence, d’indisponibilité ou de timing impossible avec les autres porte-paroles.

L’agence RP est garante du respect et du maintien de ce cadre en lien avec les prises de parole. Son rôle est double : structurer ce dispositif (et le faire valider en interne), puis le faire vivre, en accompagnant les briefs, en cadrant les sujets, et en évitant les prises de parole « officieuses » qui créent souvent des dégâts d’abord « silencieux » … jusqu’au jour où elles deviennent publiques.

Comment se déroule un média training ?

Un média training efficace n’est ni un cours magistral, ni un exercice de récitation, mais un moment structurant, interactif, parfois un peu inconfortable (dans le bon sens du terme), qui permet de remettre de l’ordre dans le discours des porte-paroles et de renforcer leurs réflexes vertueux.

1. Cadrage et préparation

Pour se mettre dans les meilleures conditions possibles d’un exercice d’interview, il faut d’abord savoir pourquoi on le fait. Il est donc essentiel de :

  • Définir un objectif clair : s’agit-il d’une prise de parole corporate, d’un lancement produit, d’un sujet de fond ou d’un contexte de crise ? L’objectif doit être établi entre l’agence de relation presse, l’entreprise et le porte-parole.
  • Diagnostiquer le niveau et les appréhensions du porte-parole : une des premières questions posées dans un média training sera de savoir si le porte-parole a déjà donné des interviews dans le passé et, si oui, quel souvenir il en garde. Cette petite auto-évaluation préliminaire s’accompagne ensuite de l’observation par les formateurs de tout tic de langage ou d’attitude particulière qui pourrait jouer durant la prise de parole (ex : tendance à trop expliquer, peur du silence, difficulté à dire non…)
  • Identifier les sujets à risque et les opportunités : il s’agit ici du contenu de l’interview, afin de savoir à la fois quel(s) sujet(s) (actualité chaude de l’entreprise ou d’un concurrent, tendance montante dans le marché…) peut émerger spontanément, mais aussi ce que le porte-parole doit absolument placer, et ce qu’il ne doit surtout pas dire. 

2. Comprendre les « règles du jeu » médiatique

Le média training est une façon pédagogique de donner au porte-parole une meilleure connaissance des relations presse en général, et de faciliter la communication entre les trois parties prenantes que sont l’agence, l’entreprise et les médias.

Dans cette partie du média training, sont abordés les points suivants :

  • Une présentation des typologies de médias, de leurs attentes et contraintes, et une analyse des tendances du secteur pertinentes pour la compréhension de l’exercice de l’interview ;
  • Un focus sur le métier de journaliste et de ce qu’il cherche vraiment (un angle, des faits, des exemples, une parole incarnée) ;
  • Et un inventaire des quelques mythes à déconstruire : il s’agit par exemple de rappeler que la relecture d’un article avant sa publication n’est pas automatique, et que même si elle est proposée par le journaliste, celui-ci ne s’engage pas à appliquer les modifications qui lui seront demandées. Un autre mythe important, celui du « off » : une session de média training qui se respecte devra impérativement rappeler que le « off » est un terrain glissant qu’il est fortement conseillé d’éviter. On évoquera également le fait que l’angle d’un article est parfois déjà choisi avant que l’interview n’ait lieu, ou encore que les délais des rédactions peuvent être très serrés et nécessiter une grande réactivité. 

3. Travailler les messages et la narration

Dans cette nouvelle partie, l’objectif est de consolider, avec le porte-parole, les éléments immuables dans le temps, interview après interview :

  • La clarification du positionnement de l’entreprise,
  • La construction et la priorisation des messages clés,
  • L’inventaire des éléments de preuve que le porte-parole peut citer : chiffres, cas d’usage, faits vérifiables, exemples concrets,
  • L’identification des lignes rouges, c’est-à-dire les sujets qu’il ne faut pas commenter, les points sensibles, les zones juridiques, ou encore les informations confidentielles.

4. Améliorer les techniques de réponse et la posture

Le fond gagne à être pleinement cohérent avec la forme pour être le plus convaincant possible. Le média training est l’occasion idéale pour travailler les bons réflexes à adopter durant les interviews :

  • Savoir structurer sa réponse : aller à l’essentiel, reformuler sans se répéter,
  • Savoir « faire le pont » vers les messages prioritaires sans donner l’impression au journaliste que l’on cherche à esquiver sa question,
  • Adopter la bonne attitude face aux questions difficiles : savoir gérer les raccourcis, les relances,
  • Affiner sa posture générale : moduler son rythme, sa voix, travailler son langage corporel, et connaître les ajustements nécessaires à adopter selon les formats (interview par téléphone, en visio, par écrit, sur un plateau de tournage).

5. Mettre le porte-parole en situation

Un média training sans mise en situation s’apparente à un dispositif de sécurité qui n’aurait jamais été testé : il rassure en théorie, mais il est impossible de prévoir son efficacité en situation réelle.

Le format que nous recommandons se compose, au minimum, de deux mises en situation simulées :

  • Une interview dite « généraliste », afin de tester la clarté et la pédagogie du porte-parole, et sa capacité à donner du contexte à ses propos,
  • Une interview dite « experte », qui sera donc plus technique, plus précise, et qui donnera lieux à des questions plus pointues.

Selon les objectifs du média training, il est possible d’ajouter une simulation d’interview filmée, un format plus complexe, qui se révèle très utile pour faire prendre conscience au porte-parole de ses réflexes ou une simulation d’entretien téléphonique, plus fréquent dans le quotidien des relations presse.

Durant ces simulations, il ne faut pas hésiter à travailler sur les éléments potentiellement déstabilisants, tels que les interruptions, les demandes de réaction à chaud ou les relances insistantes.

6. Débriefer et formaliser les enseignements de la formation

L’efficacité d’un média training se mesure à ce qu’il laisse comme empreinte et enseignement pour le porte-parole. Il est donc indispensable de le clôturer par deux éléments pédagogiques majeurs :

  • Un débrief oral à chaud, avec un échange entre le porte-parole et le formateur sur les ressentis, les difficultés éprouvées et les axes de progrès prioritaires,
  • La remise d’un document écrit plus formel, utile et actionnable : l’analyse et le décryptage des exercices de simulation, un rappel des messages clés à respecter et des lignes rouges à éviter, et les points de vigilance individualisés. 

Pourquoi confier son média training à une agence RP ?

Le média training n’a pas pour objectif « d’apprendre à un porte-parole à parler », mais de lui donner les clés pour maîtriser ses prises de parole dans un environnement contraint, public et parfois imprévisible, afin de protéger la réputation de l’entreprise tout en maximisant l’impact. Comme en cybersécurité, au lieu d’espérer que tout se passera bien, mieux vaut se préparer concrètement pour minimiser les risques.

En tant qu’agence de relations presse experte, OneChocolate dispose de l’expertise, de la connaissance du terrain (journalistes, attentes, angles qui fonctionnent, formats et délais contraints) et sait relier le média training à une véritable stratégie, plutôt que de le considérer comme un exercice isolé.

L’accompagnement apporté se prolonge d’ailleurs bien au-delà de la session, avec des outils indispensables :

  • Une briefing note dédiée, préparée avant chaque interview, pour rappeler au porte-parole le contexte, les messages-clés et les points de vigilance,
  • Un coaching express avant un entretien à enjeux (15 minutes peuvent parfois éviter des déconvenues),
  • Un suivi des retombées, avec ajustement du discours selon les retours du terrain.

Cet article vous a convaincus de l’intérêt de suivre une session de média training ? Discutons-en ensemble ! 😊

 

Elodie Buch